09 février 2007
Ode au blog
Je voulais du sang partout,
J'ai eu du temps, surtout
Pour étaler la bile et la rate,
Jouer au maître des Carpates.
Et laisser des traces,
Dégueulasser la place,
Scalpeliser les faces,
Changer les yeux de place.
Mais tu es resté pourtant
A essayer de suivre salement
Glissant et trébuchant
Dans les flaques de sang
Aujourd'hui, assassiné
C'est à toi de continuer,
Afin d'un jour achever
Mon oeuvre de grand écorché
11 novembre 2006
Le dormeur du val
C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Arthur Rimbaud (1854-1891)
27 mai 2006
Sober song
oh lord, hear me please
you have to make me sober
aspirin, come on please
i don't want to suffer
i found one of my socks
under the telephone
i've never asked these bells
to ring in my home
what have i done to my hat ?
i had no hat before
something like a tearing's running on my bones
it's allright now
but what an awful night
i'm almost reaching the kitchen
i'll drink water till i die (about yesterday)
yesterday was the time of lavishness
everything 'round me was only loveliness
i was the king but the night was reigning over me
so much excitement but now this pleasure's gone without me
it's allright now
but what an awful night
i'm almost reaching the kitchen
i'll drink water till i die
i'll drink water till i die
i'll drink water till i die
aspirin, come on please
i don't want to suffer
oh lord, hear me please
you have to make me sober
but i don't know what's going on there
Noir Désirs
18 mai 2006
Le soir
Le soir, sous les bancs
Passent les pensées des gens
Le soir, sur les bancs
Les clodos vont vomissant
Le soir, sous les bancs
Les chiens aboyent en pissant
Le soir, sur les bancs
L'oiseau se pose défecquant
Et la nuit prend possession
De la place illuminée
Par la lueur des lampions
Que les gosses ont oubliés
Le soir, le trottoir
Est aux créatures des bars
Le soir, le trottoir
Est possession des clébards
Le soir, le trottoir
Sert aux pochtrons d'accoudoir
Le soir, le trottoir
Tient souvent lieu de crachoir
Les chiens d'égôuts.
08 mai 2006
Adieu richesses
Quand j'étais petit, je rêvais de dev'nir riche
Et je voulais être choyé comme un beau caniche
Qu'on soit à mes soins, entouré de plein de gens
Le centre d'attention, attirant par l'argent
Et connaitre du monde, gagner beaucoup de pouvoir
Car pour être heureux, je croyais qu'fallait s'faire voir
Adieu richesse
Adieu mes rêves de grandeur
Bonjour paresse
Ma réalité de glandeur
Mais il fut un temps où la paresse me gagna
Je ne fis plus rien, que reposer mes dix doigts
Du matin au soir, je ne faisais plus que lire,
Dessiner ou jouer, et bien pire encore : écrire
Fuyant le travail, repoussant tous les efforts
A ce rythme là, je n'aurai pas une pièce d'or
Comme disait Coluche, le travail va tuer l'homme
Mon gars sois faignant, et tu sauveras ta pomme
La richesse n'est rien, si tu n'peux la dépenser
Pour te faire du bien, elle va plutôt te polluer
Pose donc ton marteau, et attrape un instrument
Puis va sur les routes, pour montrer que t'es vivant.
Les chiens d'égoûts.
16 janvier 2006
Hommage au Dakar
Le Dakar de l'année vient de se terminer, il avait goût de chataîgnes. En hommage à ces "aventuriers des temps modernes", une petite chanson :
500 connards sur la ligne de départ
Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents blaireaux sur leurs motos
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d'enfoirés
Au vent du Ténéré
Le rallye mécanique
Des Mad Max de bazar
A r'commencé son cirque
Au soleil de janvier
Vont traverser l'Afrique
Avec le pieds dans l' phare
Dégueulasser les pistes
Et revenir bronzés
Ravis de cet obscène
Et pitoyable jeu
Belle aventure humaine
Selon les journaleux
Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents couillons dans leurs camions
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d'enfoirés
Au vent du Ténéré
Passe la caravane
Et les chiens n'aboient plus
Sous les roues des bécanes
Y a du sang répandu
C'lui des quelques sauvages
Qui ont voulu traverser
Les rues de leurs villages
Quand vous êtes passés
Comme des petits Romel
Tout de cuirs et d'acier
Crachant vos décibels
Aux enfants décimés
Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents guignols dans leurs bagnoles
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d'enfoirés
Au vent du Ténéré
Combien d'années encore
Ces crétins bariolés
F'ront leur terrain de sport
D'un continent entier
Combien d'années enfin
Ces bœufs sponsorisés
Prendront l' sol africain
Pour une cour de récré
Dans leurs joutes odieuses
Les bonbons bien au chaud
Au fond de leurs délicieuses
Combinaisons fluos
Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents blaireaux sur leurs motos
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d'enfoirés
Au vent du Ténéré
Renaud
17 novembre 2005
Acrostiche
Quand je mets à vos pieds un éternel hommage
Voulez-vous qu'un instant je change de visage ?
Vous avez capturé les sentiments d'un coeur
Que pour vous adorer forma le Créateur.
Je vous chéris, amour, et ma plume en délire
Couche sur le papier ce que je n'ose dire.
Avec soin, de mes vers lisez les premiers mots
Vous saurez quel remède apporter à mes maux.
Alfred de Musset
07 juin 2005
Un peu de rimes
C'est pas parce qu'on fait des rimes que l'on est un poète. Il m'est arrivé de lire sur des blogs de la "poésie". Ca n'est pas dérangeant si certains de ces auteurs ne se considéraient pas comme des poètes. Ce sont juste des rimailleurs et c'est tout. C'est d'ailleurs pour ça que la section dans laquelle j'expose mes rimes et celles des autres s'appelle "rhymes" et non "poetry". J'ai pas la prétention de faire que des trucs bons. La preuve, juste pour vous, je me suis amusé à pondre une belle merde :
Les sens de l'âme
Il est des jours où la senteur des abeilles
Résonne comme le miel d'amour aux oreilles
Où le simple fait de goûter à ta voix
Fait battre mon coeur d'un galop d'émois
Et la simple vue de tes oreilles
Tord et torture mes orteilles
Il est des jours comme ça où tu es belle,
Où tu respires fraise et mirabelle
Mais il est des jours où rien de tout cela
n'apparaît, ne met mes sens en émois
Où la grisaille se déverse en mon âme
Et me cisaille le coeur de ses lames
Et là, tu as beau être magnifiqe
Tu n'es rien de plus pour moi qu'une bique
heureusement ces jours là tu n'es pas là
Et tu sera toujours une princesse pour moi.
Même pas la peine de signer, vaut mieux oublier.
Je vais quand même mettre quelque chose d'un peu meilleur, bien que plus simple et assez suréaliste :
Amélie
La petite
Amélie
Est sortie
De ma pipe
L'appétit
D'Amélie
Ressort, petit
D'Emma la pie
Voilà, et pour terminer, pour montrer qu'on peut faire très simple : deux allitérations :
L'aile longue de l'alouette s'allonge sur la langue de sable des landes.
Un zest de zyklon au zoo, c'est zéro pour les zozos de Zanzibar.
Non, ce ne sont pas des haïkus.
07 mai 2005
En attendant l'Apocalypse
Même si je ne serai sans doute plus là
Mais dans la plaine d'Armageddon
J'essayerai de me faire un nom
Dans quel camp, je n'en sait rien
Mais ce sera sans doute le mien.
23 avril 2005
Grand mère
Faut voir grand-mère
Grand-mère et sa poitrine
Grand-mère et ses usines
Et ses vingt secrétaires
Faut voir mère-grand
Diriger ses affaires
Elle vend des courants d'air
Déguisés en coups de vent
Faut voir grand-mère
Quand elle compte son magot
Ça fait des tas de zéros
Pointés comme son derrière
Mais pendant c'temps-là
Grand-père court après la bonne
En lui disant que l'argent
Ne fait pas le bonheur
Comment voulez-vous bonnes gens
Que nos bonnes bonnes
Et nos petits épargnants
Aient le sens des valeurs
Faut voir grand-mère
C'est une tramontane
Qui fume le Havane
Et fait trembler la Terre
Faut voir grand-mère
Cerclée de généraux
Être culotte de peau
Et gagner leur guèguerre
Faut voir grand-mère
Dressée sous son chapeau
C'est Waterloo
Où s'rait pas venu Blucher
Mais pendant c'temps-là
Grand-père court après la bonne
En lui disant que l'armée
Elle bat l'beure
Comment voulez-vous bonnes gens
Que nos bonnes bonnes
Et nos chers piou-pious
Aient le sens des valeurs
Faut voir grand-mère
S'assure sur la mort
Un p'tit coup d'presbytère
Un p'tit coup de r'mords
Faut voir grand-mère
Et ses ligues de vertu
Ses anciens combattants
Ses anciens combattus
Faut voir grand-mère
Quand elle se croit pécheresse
Un grand verre de grand-messe
Et un doigt de couvent
Mais pendant c'temps-là
Grand-père court après la bonne
En lui disant que les curés
Sont farceurs
Comment voulez-vous bonnes gens
Que nos bonnes bonnes
Et nos petits incroyants
Aient le sens des valeurs
Mais il faut voir grand-père
Dans les bistrots bavards
Où claquent les billards
Et les chopes de bière
Faut voir père-grand
Caresser les roseaux
Effeuiller les étangs
Et pleurer du Rimbaud
Faut voir grand-père
Dimanche finissant
Honteux et regretant
D'avoir trompé grand-mère
Mais pendant c'temps-là
Grand-mère se tape la bonne
En lui disant que les hommes
Sont menteurs
Comment voulez-vous bonnes gens
Que nos bonnes bonnes
Et notre belle jeunesse
Aient le sens des valeurs
Paroles et Musique: Jacques Brel 1966
